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ARTILLERIE SOL-AIR

AMI OU ENNEMI ?
LES ENNEMIS DE MES ENNEMIS SONT MES AMIS


HISTORIQUE DU SOL-AIR
(Extraits du mémoire BTEM du Lcl DEWALLE)
1. LES BATTERIES FAS

En 1964, l’armée de l’air reçoit la mission d’armer la composante nucléaire aéroportée. La protection antiaérienne des bases supports des unités des forces aériennes stratégiques (FAS), est confiée à l’armée de terre. Une batterie des forces terrestres antiaériennes de Défense aérienne (FTA/DA) encore dénommée batterie FAS, est déployée à titre permanent sur chacune des dix bases de stationnement (Mont de Marsan, Cazaux, Istres, Orange, Avord, Luxeuil, Saint-Dizier, Cambrai, Creil et Mérignac).
En temps de crise ou de guerre, le régiment d’artillerie sol-air (ASA), support de la batterie, assure le complément de protection en déployant ses moyens autour des bases. Les régiments ASA ne peuvent assurer conjointement la défense des bases et celle des divisions et corps d’armées.
Cette situation conduit le 12 mars 1973 à la diffusion de l’instruction ministérielle relative à la Défense aérienne du territoire, qui recommande à chaque Armée d’assurer sa propre protection. Toutefois les systèmes à moyenne portée (SAMP) Hawk de l’Armée de terre conservent la mission de renforcer la défense sol-air de certains sites des forces nucléaires stratégiques (FNS).

2. LA RENAISSANCE

L’instruction interarmées du 8 mai 1973 qui complète l’instruction ministérielle évoquée plus haut, permet de reconstituer à partir de 1977 une composante de Défense sol-air au sein de l’Armée de l’air.
Reconstitution ou renaissance et non-création, car le sol-air ou tout au moins la défense antiaérienne ou défense contre avions (D.C.A. terme usité à l’époque) avait déjà existé à deux reprises. Dans un premier temps, la D.C.A. assura au sein des groupements d’Artillerie de l’air (G.A.A.), la protection des bases de l’armée de l’air de la fin du second conflit mondial à leurs dissolutions en 1955.
Elle renaîtra une première fois dans le cadre des escadrons aériens NIKE HERCULES déployés en république fédérale d’Allemagne à l’époque de la participation nationale à l’organisation militaire intégrée de l’alliance atlantique entre 1959 et 1966.

3. LE DISPOSITIF DEPUIS 1977
La montée en puissance

La phase de montée en puissance entre 1977 et 1985 voit la livraison de vingt-quatre sections Crotale (24 unités d’acquisition et 48 unités de tir) au titre des systèmes d’armes à courte portée (SACP) et quelque trois cents systèmes à très courte portée (SATCP) bitubes de 20 mm sur les six cents prévus.
Le 1er janvier 1985, le dispositif se répartit en quarante-neuf unités : onze escadrons de missiles sol-air à deux sections Crotale (EMSA), deux sections de missiles sol-air à une section Crotale (SMSA), trente-quatre sections de défense sol-air (SDSA) équipées de bitubes, un centre d’instruction (CIDSA), une unité de maintenance (GERMAS Crotale).
Par ailleurs, chaque base aérienne doit mettre en œuvre une section de mitrailleuses de calibre 12,7 armées par du personnel non spécialiste en provenance des différentes unités. Ces sections mises sur pied à partir de 1977, sont rattachées aux SDSA lors de leur création.

Un autre système à base de missile transportable antiaérien léger (MISTRAL) de la famille des systèmes d’armes à très courte portée (SATCP) de deuxième génération, est développé pour prendre place entre le Crotale et le bitube. La cible est d’acquérir cinq cents trépieds Mistral pour équiper la totalité des unités à l’horizon 1987-1990.

Les personnels

Sur le plan des personnels, pour donner les opérateurs indispensables à l’armement des systèmes, un concept « noyaux permanents d’active (officiers, sous-officiers et appelés du contingent) - renforts base - réservistes » est institué. Au sein des EMSA, les trois populations sont réparties par tiers. Dans les SDSA, l’effectif contingent atteint soixante-quinze pour cent des noyaux permanents et les sous-officiers renforts tiennent la moitié des postes (équipe de relève).
L’organisation laisse également à désirer pour les SDSA. Ces dernières ont été créées au sein des escadrons de protection (EP) dont la préoccupation première ne saurait être le sol-air et les besoins liés à la coordination dans la troisième dimension (coord. 3D).
Cette situation sera en partie améliorée le 1er juillet 1985 : les SDSA quitteront les EP pour devenir des unités de gestion régionales rattachées directement au chef des MO.
Pour les EMSA, la situation est plus rationnelle, unité organique du Commandement air des forces de Défense aérienne (CAFDA), elle est rattachée aux Moyens opérationnels. Hormis pour le personnel opérateur, l’EMSA dispose d’une autonomie propre. Enfin, les opérateurs officiers et sous-officiers du noyau permanent proviennent de spécialités très disparates. Les SDSA sont armés par des fusiliers-commandos. Dans les EMSA, la majorité des opérateurs provient des centres de détection et de contrôle (CDC), mais il n’est pas rare, de trouver des armuriers ou titulaires d’autres spécialités de la branche technique. La spécialité « Défense sol-air » ne sera créée qu’en 1985.

Les opérations extérieures

L’OPERATION MANTA
Les Libyens disposant de moyens aériens capables de frapper la base aérienne jouxtant l’aéroport de N’Djaména, une protection antiaérienne s’avère indispensable. Le système d’armes Crotale est choisi pour assurer cette mission et une section composée d’unité d’acquisition (UA) et deux unités de tir (UT), est déployée dès le 16 août 1983, avant l’arrivée des aéronefs. Après un désengagement où les matériels sont convoyés à travers le Cameroun (SILURE), l’opération MANTA prend fin en novembre 1984.
L’OPERATION EPERVIER
Quinze mois plus tard, la situation se dégrade de nouveau au Tchad. En février 1986, la France décide une fois de plus de s’engager dans le cadre de l’opération EPERVIER. Les moyens sol-air Crotale (2 UA – 3 UT) renforcés par huit bitubes débarquent à N’Djaména dans la nuit du 16 au 17 février Le lendemain à l’aube, alors que les moyens sol-air sont à peine déployés, le colonel Kadhafi réplique au bombardement de la piste de Ouaddi-doum en envoyant un aéronef de type TU 22 bombarder la piste de N’Djaména ce qui entraîne une riposte des bitubes.
Le 18 février 1986, une section Crotale est acheminée en Centre Afrique pour protéger la base de Bangui M’Poko. Cette section sera redéployée sur Abéché lors de l’ouverture de cette plate-forme en février 1987. Le radar implanté à Moussorro bénéficie quant à lui de quatre bitubes de 20 mm pour assurer sa protection. Enfin, suite au bombardement à N’Djaména, une batterie moyenne portée HAWK de l’armée de terre renforce le dispositif de défense de la base.
Dans la matinée du 7 septembre 1987 Kadhafi lance deux TU 22 sur les éléments français, le premier sur N’Djaména, le second sur Abéché. Sur N’Djaména. Une brusque modification d’altitude détectée par l’officier de tir Hawk entraînera le tir.. Le missile détruit le TU 22. Un peu plus tard, à Abéché. L’officier de tir Crotale engage le second TU 22 sans le détruire. Le dispositif déployé à Abéché est démantelé à l’automne 1988. Quant aux autres systèmes d’armes (Hawk, Crotale et bitubes) déployés au Tchad, ils rejoignent la métropole au printemps 1992.
LA GUERRE DU GOLFE
Dès l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, les moyens sont mis en alerte. Le 8 août 1990, une première cellule Rapace Crotale (1 UA – 2 UT) quitte la France, pour renforcer la protection de la base de Djibouti.
Lors de la deuxième quinzaine d’août, à la demande des Emirats Arabes Unis (E.A.U.), un détachement constitué de deux sections Crotale atterrit à Dubaï pour assurer la protection du terminal pétrolier de Djebell Ali.
Début octobre, les moyens de défense sol-air alloués à la protection de la base française d’Al Hasa, composés de deux sections Crotale, une section Mistral (matériels livrés depuis moins de six mois) et une section bitube, rejoignent l’Arabie Saoudite par voie maritime.
Les Crotale déployés à Djibouti rejoignent la région du camp du roi Khaled (CRK), dans le Nord de l’Arabie Saoudite pour assurer la protection des hélicoptères de la division. Lors du déclenchement de l’offensive terrestre, la section Crotale allouée à la division Daguet accompagne le corps de bataille en Irak.
L’épopée prendra fin en avril 1991.
1992-1999
Entre 1992 à 1999, hormis pour quelques exercices, le sol-air ne sera déployé à l’extérieur qu’à deux reprises pour assurer la protection de sommet de chefs d’état. Une structure « Guet à vue / SATCP Mistral » est projetée en 1995 à Cotonou au Bénin pour le sommet de la Francophonie. Ce dispositif reprend la route de l’Afrique pour le sommet France-Afrique d’Ouagadougou courant 1996.
KHOR ANGAR
Début 1999, le conflit régional opposant l’Ethiopie et l’Erythrée, reprend. Les Erythréens viennent d’acquérir des aéronefs Mig 29, qui peuvent bombarder les zones portuaire et aéroportuaire de Djibouti.
La France renforce donc ses moyens de défense sans pour autant vouloir prendre parti pour l’un ou l’autre des belligérants. Le dispositif n’est donc que limité.
Un système de défense aérienne est déployé fin janvier 1999. Constitué d’un module de contrôle tactique (MCT) et d’une cellule tactique automatisée (CETAC) coordonnant les moyens prépositionnés Mistral et bitubes et plusieurs unités de tir Aspic déployés de métropole (SATCP de la famille Mistral). Le renforcement du dispositif de protection de Djibouti cesse au cours de l’année 2000.
KOSOVO
Dès le début de la campagne aérienne sur la Serbie et le Kosovo, les représentants français de la division multinationale Sud-est de la SFOR en Bosnie, craignent des représailles serbes sur l’aérodrome de Mostar. Une cellule Rapace bitube est déployée pour assurer une double mission de protection antiaérienne et de défense sol-sol. L’emploi de systèmes missiles paraissait mieux adapté, mais le commandant de la SFOR refuse cette proposition compte tenu des implications nécessaires à la gestion de l’espace.
Opérations intérieures
En complément de la projection sur théâtre d’opérations extérieurs, les moyens sol-air ont souvent participé aux dispositifs particuliers de sûreté aérienne dans le cadre du renforcement de la posture permanente de sûreté (PPS)sur le territoire national.
Dans un premier temps du début des années 80 (sommet franco-africain de Vittel en 1983) jusqu’au milieu des années 90, le sol-air est employé comme système actif d’interception. Depuis 1996, c’est plus en complément de détection en particulier avec les UAT Crotale NG, que le sol-air est engagé dans ce type d’opérations.
Avec les attentats terroristes du 11 septembre, le sol-air retrouve sa place de moyens actifs d’interception dans le dispositif de sûreté.Des dispositifs particuliers encore dénommés «bulle» sont mis en place pour chaque grand rendez vous internationnal.
LES RESTRUCTURATIONS
Les évolutions des matériels -1990- Les premiers trépieds SATCP Mistral sont livrés début 1990. La cible de cinq cents trépieds est ramenée à trois cents.
-1991-1995- Programme de rénovation du système d’armes Crotale :
les évolutions air (EVA), ont été lancées dans les années 1985. Entre 1991 et 1995, dix-huit sections Crotale en service subissent le rétrofit.
Début 1992, Thomson CSF propose de remplacer six sections Crotale "empruntées à l'Armée de l'Air pour un contrat export par un nouveau système; le Crotale nouvelle génération (NG). Ce qui permet à l’Armée de l’air de recevoir douze unités d’acquisition et de tir (UAT) Crotale NG en 1994.
Courant 1993, Le système Aspic (Mistral sur Véhicule léger) est choisi. Trente unités de tir équiperont les escadrons à partir de 1996. La composante TCP missile s’articule donc sur les trente unités Aspic pour les EDSA et soixante-cinq trépieds pour les SDSA.
Parallèlement, Thomson CSF a développé un centre de coordination automatisée des moyens sol-air (CETAC Automatisée). Cette CETAC automatisée en perpétuelle évolution, permet de donner une dimension nouvelle à la composante de Défense sol-air en particulier en lui permettant de recevoir les pistes des centres de détection et de contrôle C2.
Les évolutions structurelles
-1985-1987- Comme formulé supra, le 1er juillet 1985, pour améliorer leur fonctionnement et éviter la dualité de commandement, les sections de défense sol-air, quittent les escadrons de protection pour devenir des unités à part entière de gestion régionale rattachées aux chefs des moyens opérationnels.
Courant 1985, la spécialité 34200 « Défense sol-air » est créée pour les sous-officiers. Cette création nécessite de définir une véritable formation pour les opérateurs de défense sol-air (ODSA). Jusqu’à cette date, les opérateurs étaient instruits en complément de formation, uniquement sur le système qu’ils allaient servir à l’EMSA d’Avord pour les « Crotale », au Centre d’Instruction de la Défense Sol-Air (CIDSA) à Cazaux pour les «Bitubes».
Dès mai 1985, l’EMSA d’Avord prend les compétences pour dispenser la formation initiale des élèves sous-officier (CE2) et la formation complémentaire des certifiés supérieurs (CS).
Le 31 juillet 1985, la SDSA stationnée à Creil est dissoute lors de la mise en sommeil de la base.
La création de la spécialité 34200 pour les officiers intervient début 1986.
Le sol-air agissant très près en complément et en cohérence des opérations de défense aérienne, la formation initiale 34200 et complémentaire « systèmes d’armes » dispensée à Avord est transférée au Centre d’Instruction des Contrôleurs Aériens Militaires (CICAM) de Mont de Marsan qui change d’appellation pour devenir le 1er septembre 1986 : le Centre d’Instruction des Contrôleurs et de la Défense Aérienne (CICDA).
Après avoir continué à dispenser la formation spécifique «bitube» pendant une année, le CIDSA de Cazaux chargé également de l’organisation et de la direction des campagnes de tir «bitube», est dissous le 31 juillet 1987.
En juillet 1986, la SDSA protégeant le site d’Achern est dissoute.
Parallèlement à la formation, l’organisation structurelle évolue. les SDSA rejoignent le 1er janvier 1987, au sein du CAFDA, les autres acteurs d’acquisition de la supériorité dans la troisième dimension.. Sur les bases dotées des deux systèmes d’armes, l’EMSA (ou la SMSA) et la SDSA se fédèrent pour constituer l’Escadron de Défense Sol-Air (EDSA).
La fonction de commandant de SDSA est désormais assurée par un officier d’active pour les bases plate formes et par un major pour les bases radar.
L’été 1987 voit la création de deux nouvelles SDSA à Villacoublay et Djibouti.
-1993-1996- L’effondrement de l’empire soviétique et du pacte de Varsovie ne justifie plus de disséminer des moyens sol-air légers (SATCP) sur l’ensemble des bases aériennes.
Tirant par ailleurs, les enseignements de la guerre du Golfe, le CAFDA propose une restructuration du dispositif qui entraîne la dissolution des unités (EDSA et SDSA) stationnées sur la plupart des bases support des unités du transport aérien (COTAM), des Centres de détection et de contrôle (sauf Nice et Narbonne implantés sur la façade méditerranéenne) et des bases école.
Les effectifs dégagés permettent de professionnaliser les trois EDSA qui vont recevoir le Crotale nouvelle génération (NG) courant 1994. Les autres escadrons disposeront désormais de deux équipes de noyau permanent pour armer le Crotale complétées par une équipe de renforts.
Dans les EDSA, une polyvalence pour les opérateurs, est instituée sur l’ensemble des systèmes en dotation (SACP et SATCP). A l’issue de cette restructuration, le 1er septembre 1996, le dispositif doit s’articuler en vingt-quatre unités : dix EDSA, un GERMAS, douze SDSA, un escadron d’instruction au sein du CICDA.
En 1994, lors de la restructuration des commandements de l’armée de l’air, les fonctions «emploi» et «organique» sont désolidarisées. Les éléments organiques du CAFDA rejoignent le CSTAA (commandement des systèmes de télécommunications de l’armée de l’air) à Villacoublay pour créer le commandement air des systèmes de surveillance, d’information et de communications (CASSIC). Les unités sol-air sont gérées par le bureau de Défense sol-air du CASSIC. Une division sol-air responsable de l’emploi de la composante demeure au sein du commandement de la Défense aérienne et des Opérations aériennes émergence de la DA à Taverny.
-1995-1998- Fin 1995, dès l’annonce de la suppression à terme de la conscription, le CASSIC étudie une nouvelle restructuration. Celle de 93-96 n’est pas encore achevée. Il s’avère donc nécessaire de continuer dans la voie prévue tout en assurant la dissolution des dernières SDSA.
Le but est donc de concentrer la composante sur des unités professionnalisées constituées en dix escadrons (EDSA), l’escadron instruction au sein du CICDA et un détachement de défense sol-air (DSA) à Djibouti.
Cette restructuration engendre un nouveau concept. Les EDSA n’exercent plus systématiquement leurs missions sur leur base de stationnement. Au même titre que les unités aériennes, l’EDSA est une unité de combat mobile et autonome qui peut exercer sa mission sur n’importe quelle emprise sur le territoire national ou sur un théâtre d’opérations extérieures.
-1999- En 1999, la fonction « guet à vue » assurée jusqu'alors par des personnels de toutes spécialités désignés par les bases aériennes et renforcés par des réservistes, est transférée aux EDSA.

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